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L'année des femmes en Palestine
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Amel Jomoa/Palestine
C'est l'année des femmes en Palestine. Elles ont enregistré une présence importante tant sur le plan médiatique que sur le terrain.
Depuis, la signature du Président de la Convention Internationale de "l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes" CEDAW, les femmes ont favorisé un terrain de mobilisation à tous les niveaux. Ainsi la cinquième Conférence de l'Union Générale des Femmes Palestiniennes a été tenue et l'initiative du Bureau de la Présidence pour la suppression de 2 articles (18, 340), relatives aux meurtres des femmes a été déclenchée pour constituer une revendication importante des femmes. Elle a donné le coup d'envoi de la campagne nationale de lutte contre la violence à l'égard des femmes.
Mi-2009 a connu la nomination de cinq ministres femmes dans le nouveau gouvernement palestinien. Ce nombre est le plus élevé au sein de la composition des treize gouvernements de l'Autorité Nationale Palestinienne. Il constitue également un couronnement du militantisme féminin palestinien qui a vu le jour depuis 1893, date à laquelle une manifestation féminine palestinienne a été organisée pour dénoncer la première opération de colonisation juive.
La bataille d'El Buraq en 1929 a constitué un tournant considérable dans la lutte des femmes contre l'occupation. Neuf palestiniennes ont trouvé la mort par l'Armée britannique. Depuis le militantisme a revêt différentes formes, sociales, économiques et politiques (Dina Amal Ismail. 2005).
D'une manifestation à un poste de décision Long à parcourir était le chemin conduisant à l'accès des palestiniennes aux postes de décision politique.
Pourtant les femmes ont milités et étaient comme le disait l'écrivain Muhannad Abdulhamid " toujours présentes, actives, responsables, ont exercé leurs pouvoirs dans la vie publique et privée et ont porté le poids de la responsabilité du militantisme… Leur présence effective n'a pas été relatée dans l'histoire du paysage politique toujours écrite ou racontée par les hommes… Les femmes ont été marginalisées et leur apport occulté à cause d'une mentalité masculine et patriarcale qui se situe en dehors de la justice".
La nomination de cinq femmes ministres a été l'occasion pour toutes les femmes de se rappeler les portes qui leurs ont été fermées jusque là. Elles tentent, en ayant recours à la force des chiffres, de renforcer leurs présences, de démontrer la richesse de leurs expériences, de faire entendre la voix de l'histoire orale et des fois écrite.
Qui sont elles? Quels ministères? Souvent, rappeler l'histoire ces femmes ministres, leurs réalisations, militantismes, détentions, peut être considéré comme une sorte de propagande. Une telle appréhension ne se pose pas quand il s'agit des ministres hommes.
Basma Battat, Membre de la Fédération Générale des Femmes, considère que partis politiques ne font pas confiance aux femmes pour accéder aux postes de décision, et elle ajoute " la présence limitée des cadres femmes des partis le prouve". Ces partis, selon Basma n'offrent même pas la protection à leurs membres femmes en cas de besoin. C'est pour cela qu'elle affirme que la nomination de ces femmes ministres constitue une réalisation d'autant plus que trois d'entre elles sont soutenues par leurs partis. Une réalisation qui "aura un impact positif sur la grande masse…Elles peuvent contribuer à un changement si l'on se base sur leurs parcours" a-t-elle conclut.
Pour ne citer que l'exemple de Sihem Al Barghouthi, ministre de la culture, qui est arrivée au gouvernement munie d'une grande expérience au sein d'un parti progressiste "Fida". Elle est une militante reconnue et a exercé toute sorte de militantisme politique, social et féministe. Elle a participé aux élections électorales et a été, avec d'autres, fondatrice de l'association du travail féminin "Al Amal Anniswi" et "Takem chououn Al Maee". Elle a été également membre du comité central et membre du comité législatif du "mouvement fath".
Elles sont toutes des militantes et proviennent d'un champ de bataille commun qui est le militantisme politique et féministe. Lamis Al Ilmi, ministre de l'éducation et de l'enseignement supérieur, Khouloud Diibs, ministre du tourisme et du patrimoine, Rabiha Dhieb, ministre de la femme, Sihem Al Bargouthi, ministre de la culture et Majda Al Masri, ministre des affaires sociales ont intégré la scène politique et sont mises à l'épreuve en vue d'un changement tellement souhaité. Lequel changement dépend en premier lieu de la planification stratégique du gouvernement susceptible ou non d'inscrire sur l'agenda de ses ministres des questions vitales telles que la libération et les groupes marginalisés…
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