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Une étude internationale prouve que les institutions parlementaires sont totalement indifférentes au genre
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| 06/09/2009 |
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Au cours d’une séance spéciale des parlementaires femmes sur l’expérience des femmes dans les parlements dans le monde Mme Leila Charaf a déclaré que « les parlementaires hommes ne soutiennent les causes des femmes qu’oralement… et quand il s’agit de prendre des décisions sur n’importe quel projet de loi concernant la femme ils se rebiffent, redeviennent machistes et refusent de donner la priorité à ces projets ». Elle a aussi appelé les ministres femmes du gouvernement et les parlementaires femmes à constituer un lobby féminin officiel qui aurait comme priorité le soutien des causes des femmes en activant le processus du renforcement de la participation des femmes dans la vie politique et dans tous les autres domaines afin d’assurer le développement du pays qui ne pourra se faire, selon elle, que par une participation réelle et effective des femmes. Elle les a aussi invité à se consacrer principalement aux questions législatives et juridiques et de ne plus s’investir totalement dans les affaires courantes.
Par ailleurs, et afin de renforcer les capacités de la femme parlementaire, Mme Leila Charaf a proposé de prendre contact et de se réunir et avec toutes les institutions de développement locales, régionales et internationales ainsi que les bailleurs de fonds pour mieux les sensibiliser à nos enjeux et challenges car, précise t’elle « jusque-là ces organismes nous sont méconnus parce que les hommes ne veulent pas que nous soyons en contact avec eux pour les raisons que vous savez ! ». Dans le même sens, la Secrétaire Générale du Conseil national des affaires familiales, Dr Haifa Abou Ghazala a insisté sur la nécessité de continuer à renforcer les liens de partenariat avec les organisations et les institutions féminines. Elle a aussi exprimé sa satisfaction de la coopération actuelle du parlement avec le PNUD et avec l’Union Parlementaire Internationale qui ne cessent pas d’œuvrer pour le renforcement de participation des femmes dans la vie politique.
Aussi, les parlementaires participantes à cette séance spéciale ont déclaré de leur côté que la question du genre est toujours posée et que les choses doivent bouger pour mettre fin au machisme dominant aux réflexes claniques et tribaux qui régissent actuellement les relations hommes / femmes. Elles ont aussi exprimé leur mécontentement du manque de collaboration des hommes au sein du parlement et du fait que la loi électorale actuelle est ségrégationniste et ne permet pas aux femmes d’accéder au parlement. Elles ont aussi évoqué la question des médias et de leur manque de perspicacité à l’égard des questions féminines. Par ailleurs, le fait marquant de cette séance a été l’exposé, présenté par Mme Zina Chkir, d’une étude internationale réalisée par l’Union Parlementaire Internationale qui montre qu’il n’y a que 7 femmes présidentes dans le monde sur un total de 150 présidents et Chefs d’Etat, 8 Chefs de gouvernements sur 192 et seulement 28 Présidentes de parlements et 33 femmes présidant des conseils parlementaires sur 265 chambres ou 188 parlements.
Par rapport aux gouvernements, l’étude a enregistré une très faible augmentation du taux de participation des femmes : 16,1% des portefeuilles ministériels seulement et qui sont généralement destinés aux affaires familiales, l’éducation et la santé. Par contre, le taux a bien augmenté par rapport à la présence des femmes dans les parlements, elles représentent actuellement 18,4% des parlementaires bien que ce soit bien en deçà du taux de 30% qui a été fixé lors de la conférence de Pékin. Mme Zina Chkir a aussi affirmé que le Rwanda a réalisé une première mondiale en ayant une majorité de femmes au parlement avec un taux de 56,3% et qu’il y’a actuellement cinq parlements sans aucune femme de représentée et qu’on dénombre actuellement 8119 femmes parlementaires contre 35939 parlementaires hommes. Mme Zina Chkir a de même attiré l’attention des participantes sur le fait que l’étude en question a montré que, d’une manière générale, les institutions parlementaires n’accordent aucun intérêt au genre et qu’elles n’ouvrent pas les portes devant la participation des femmes dans leurs fonctionnements. Par ailleurs, l’étude a recommandé la constitution de lobbys parlementaires féminins pour pouvoir imposer la présence des femmes dans les instances électives, législatives et exécutives, ainsi que sa participation dans la société civile.
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